Edouard CRUT (1923-36)

 

 

Né à Neuilly en 1901, "Doudou" Crut (surnommé aussi "Mélanie") est élevé en Suisse, à Genève, où il débute à l'Etoile de Carouge. En 1918, il revient en France, entre à l'imprimerie nationale et s'inscrit à l'U.S. Saint-Mandé puis au Gallia où il joue jusqu'en 1923. C'est là qu'il est remarqué et recruté pour l'O.M. par Maurice Lecat et Pierre Robin. Il y débute en septembre 1923 en compagnie de Jean Boyer qu'il a encouragé à venir au club et remporte avec lui trois Coupes de France. Deux ans plus tard, c'est encore lui qui fait venir à l'O.M. Jules Devaquez avec lequel il a disputé les Jeux Olympiques de Paris en 1924. Durant ces Jeux, "Doudou" a inscrit trois buts contre la Lettonie pour sa toute première sélection internationale. Toujours en 1924, il marque deux buts en demi-finale de la Coupe et deux sur dois lors de la finale victorieuse. Parfois nonchalant, mais possédant une bonne vision du jeu, il est surtout réputé pour l'étonnante puissance de sa frappe, c'est en particulier un remarquable tireur de coups francs.

Le teint mat et les lèvres épaisses, Mélanie, gouailleur et facétieux, aimait bien faire des blagues... Ainsi lorsque, le 8 mai 1926, les Olympiens débarquèrent à Paris pour y jouer le lendemain leur finale de Coupe, il fit croire le plus sérieusement du monde au tout jeune Raymond Durand, que la ville était entièrement pavoisée pour eux en bleu et blanc, alors que c'était pour célébrer Jeanne d'Arc... Moins innocent fui le coup d'audace qu'il se permit pour la finale suivante en 1927, la première à laquelle assistait un Président de la République. Au moment où Gaston Doumergue lui serrait la main, il lui lança (à la suite d'un pari fait avec Devaquez contre une tournée d'apéro) : "Arrangez-vous la cravate". Une phrase à la mode qui ne voulait tien dire, mais qui mit M. Delaunay, secrétaire général de la FFF, dans tous ses états. De ce jour, Crut, qui comptait huit sélections, dont la dernière contre le Portugal deux mois auparavant, ne fut plus jamais appelé en équipe de France. Après la Coupe de 1927, Edouard Crut quitte l'O.M. pour l'O.G.C. Nice puis l'A.S. Cannes, avant de revenu finir sa carrière dans les réserves "pros" à Marseille, où il s'installe ensuite comme camionneur. Crut meurt en 1974 dans un grand dénuement et oublié de tous, puisque seuls Maurice Gransart et son ancien équipier Xavier Placidi furent présents à ses obsèques.